Travail ou devoir?

Nos gouvernants actuels nous encouragent à un travail commémoratif de l'évènement que l'on qualifie de Shoah. Le 27 janvier a été officiellement décrété Journée de la mémoire de l'holocauste et de la Prévention des crimes contre l'humanité.

Doit-on se contenter de cette journée comme un devoir qui nous serait imposé, ou doit-on s'efforcer d'avoir une réflexion construite sur les évènements passés et en faire un véritable travail de la mémoire collective?


Tout d'abord que personne ne se méprenne: j'ai le plus grand respect pour ce gouvernement qui se dit préoccupé de la perpétuation de la mémoire de la Shoah, à une époque où celle-ci est officiellement remise en cause non seulement par des groupuscules et des courants de pensée au sein de notre propre nation, mais également par un pays du proche orient, l'Iran pour ne pas le nommer.

Nous vivons également la période charnière ou malheureusement les derniers témoins survivants de l'holocauste s'éteignent. Qu'en sera-t-il dans quelques décennies? le mot révisionnisme disparaitra-t-il du vocabulaire? Peut-être qu'il existera tout simplement deux écoles de pensées qui s'affronteront dans des débats ou des conversations de salon.

Quel que soit le nom qu'on lui donne, devoir, travail, il est de notre responsabilité de faire vivre le souvenir de la Shoah, de le porter sans cesse à la connaissance du monde afin bien sur que tous sachent ce dont l'homme est capable lorsqu'il libère ses instincts les plus bas,mais également pour honorer les morts pour qu"ils survivent dans nos mémoires.

Il est de notre devoir de refuser la disparition de ces événements de notre mémoire, et c'est un devoir que nous avons d'abord envers les victimes. C'est pourquoi nous emmenons des jeunes sur le site d'Auschwitz-Birkenau, de manière à leur montrer, de manière à provoquer le choc qui fera qu'ils n'oublieront pas et qu'ils transmettront eux-mêmes.

Ce but se suffit à lui-même, mails il existe une autre motivation, dont dépend peut-être l'avenir de notre civilisation occidentale. Nous avons besoin de savoir que la Shoah s'est produite, nous avons besoin d'essayer de comprendre les mécanismes capables de transformer une nation brillante et policée en machine à exterminer, car d'autres holocaustes se produisent sur notre planète, et si nous voulons conserver notre dignité, notre humanité, nous devons les empêcher.

Je n'en ferai pas la liste exhaustive, mais au vu et au su de tous, notre siècle débute sur le génocide du Darfour. Un génocide d'état, qui se déroule dans la quasi-indifférence générale. C'est en éduquant notre jeunesse,en lui faisant comprendre que à tout moment la menace existe et peut se concrétiser, que nous lui permettrons de lutter contre cette menace.