Félix 19 ans - voyage 2004

Dimanche 28 Novembre 2004, nous étions 180 à être venu de France pour aller marcher dans le plus grand cimetière du monde, celui de plus d'un million de personnes.

 

Nous avons vus, des baraquements à perte de vue entourés de miradors et cerclé de grillage. Nous avons vus ce qui reste des chambres à gaz et des fours crématoires; juste à côté nous avons vus plusieurs mares qui, il y a quelques années encore, étaient blanches au fond de l'eau tellement elles contiennent de cendres humaines. Nous avons vus une gare, construite dans le simple objectif d'une plus grande efficacité dans l'extermination des juifs de Hongrie. Nous avons vus une chambre à gaz qui était encore intacte, elle communiquait avec une salle où se trouvait encore deux petits fours crématoires. Nous avons vus encore des salles de tortures, des piquets de pendaisons, des murs d'exécutions, des montagnes de chaussures pour homme pour femme ou pour enfant; nous avons vus une montagne de cheveux prélevés sur ceux qui allaient mourir quelques secondes plus tard. Nous avons vus encore plein d'autres choses, qui témoignaient que nous étions sur un ancien lieu d'expression du mal humain le plus absolu, et il y en avait encore pleins d'autres à voir.

J'ai cherché dans mon dictionnaire des synonymes des mots assez forts pour restituer ce que j'ai pu y ressentir, mais je n'en ai pas trouvé. J'ai cherché d'autres mots encore pour exprimer et transmettre la connaissance de l'horreur qui a put se produire dans ces camps, à ceux qui ne les ont pas vus; mais les mots m'ont fait défaut une fois de plus. Je n'ai pas pu être le seul dans ce cas là. Et pourtant les mots sont importants.

Nous devons formuler ce que nous avons vu dans les vestiges des camps d'Auschwitz, et ce dont nous avons pris conscience grâce à ce voyage. Tout le monde n'aura pas la chance comme nous le 28 novembre dernier, d'aller visiter Auswitch en simples touristes. Nombreux sont ceux qui voudraient pouvoir se rendre comme nous sur ce lieu, le plus grand cimetière du monde, pour comprendre comment mais surtout pourquoi une telle abomination a put avoir lieu. D'autres encore ne veulent pas savoir; la mort de plus d'un million d'êtres humains, qui ne se distinguaient que par leur judéité, ne les intéressent pas...

Je n'ai que peu de recul sur ce voyage, mais il y a une chose qui n'en nécessite absolument pas : ce voyage m'a permis de comprendre qu'il ne faut pas oublier. Et même plus que de ne pas oublier, beaucoup plus, il faut clamer, enseigner et affirmer à ceux qui ne savent pas et à ceux qui nient, l'horreur absolue qui est arrivée aux juifs d'Europe au siècle dernier. L'horreur a été perpétrée contre les juifs par les nazis entre 1933 et 1945, 5,1 millions d'entre eux en sont morts. Et dire que ces bourreaux étaient eux-mêmes des humains faits de chair et d'os. Comment ont-ils pu perpétrer de tels crimes contre d'autres humains? Cette horreur humaine peut ressurgir contre les juifs ou contre d'autres peuples, n'importe quand dans l'Histoire à venir. C'est l'indifférence des gens de la misère d'autrui, l'égoïsme ordinaire, qui peut conduire à de telles catastrophes.


Voilà pourquoi nous devons témoigner de la réalité de cet holocauste et demeurer toujours vigilants.