Johanna - voyage 2007

J'arrive à Auschwitz Birkenau, je pensais que j'allais réussir a prendre du recul, a regarder ces atrocités comme une étrangère dans un musée mais je n'y parviens pas, au moment où nous rentrons par l'entrée principale que j'avais vu tant de fois auparavant, je deviens le peuple juifs, je ferme les yeux et m'imagine à leur place. Me voici prisonnière des Nazis.

Nous nous arrêtons près des rails et notre guide nous explique les conditions dans lesquelles arrivaient les juifs ainsi que l'histoire de la Shoah, môme si nous la connaissions tous, nous étions pour la plupart bouleversé d'entendre toutes ces horreurs... Nous, continuons la visite du camp, -je ne sais pas si on peut appeler cela une visite ou une découverte), nous nous arrêtons près du camp des femmes où se tiennent deux photos marquantes prises par des S.S. lors de la sortie du train.


Nous visitons les baraquements : nous commençons par visiter la salle où les femmes pouvaient se laver même si elles n'y avaient pas accès, la plupart de ces femmes ne se souviennent même pas d'avoir déjà pu se laver. Nous parcourons ensuite les latrines : des rangées de trous où la pudeur ne pouvait être de mise. Nous arrivons ensuite aux dortoirs des femmes, un dortoir avec des rangées de châlits. Les gens dormaient a douze sur ces planches de bois inconfortables... Je n'arrive pas a imaginer la douleur que ces femmes pouvaient ressentir après une nuit passée ici. Le guide nous dit même que le toit n'y était pas, que la neige et que la pluie tombait sur ces femmes.


Puis nous arrivons devant des ruines, celles de la chambre à gaz que les SS ont détruite au moment de leur fuite, afin de ne pas laisser derrière eux ces traces de leur barbarie. L'odeur y est étrange, comme dans les baraquements d'ailleurs, on sent qu'il y s'est passé des choses épouvantables ici, d'après certains, c'est peut-être dans ma tête tout ça mais je vis très mal d'être enfermée dans ces pièces où se sont déroulées tant de choses, j'ai du mal a respirer normalement.

Nous continuons notre marche vers l'horreur. Nous passons devant le bâtiment où les biens des juifs leurs étaient destitués, on peut en apercevoir quelques uns derrière une vitre. S'ils savaient ce qui les attendait, ils n'auraient pas emmener de cirage ou même un peigne... Nous passons devant l'ancienne fausse commune où étaient entassés des centaines et des centaines de corps inertes, les nazis les ont tous inhumé fin de les bruler pour ne pas laisser de traces... Nous arrivons ensuite où les gens étaient exécutés, un endroit près des bois, loin des autres baraquements...

Comment cela a-t-il pu arriver ? Pourquoi personne n'a réagi, personne n'a libéré cette population destinée a mourir parce que d'autres l'avaient décidé pour eux ? Je n'arrive pas à comprendre, encore moins depuis que j'y étais, que j'étais sur le lieu des horreurs, on se trouvait exactement où les nazis étaient, où les juifs étaient, où des milliers de meurtres ont été commis, on y était mais on ne pouvait rien faire, on était des spectateurs de l'après massacre...

Nous nous retrouvons tous alors au pied d'un monument en mémoire de tout ce qui s'est passé ici, pour ne jamais oublier, il y avait plusieurs plaques au sol écrites dans plusieurs langues a la mémoire de la Shoah. Les deux rescapés présents avec nous ont dit quelques mots, puis nous avons fait une minute de silence le silence est oppressant.. Puis le Rabbin de La Varenne a fait le Kaddish, une prière chantée pour les morts... un des moments qui a été, pour moi, un des plus émouvants de la journée, je retiens mes larmes alors que d'autres ont versé les leurs.

Nous sortons enfin de ce lieu qui restera inoubliable, cela a été pour moi un symbole, je sors d'ici pour ceux qui n'ont malheureusement pas pu le faire. Il est quinze heures Nous nous dirigeons vers Auschwitz I qui n'était pas un camp d'extermination, mais la partie « administrative » de l'organisation de la solution finale. Nous entrons dans le camp d'Auschwitz, à présent transformée en musée, et là, c'est la visite du musée des horreurs !

la nuit tombé, il fait nuit noir, ce fut alors encore plus éprouvant, nous étions tous gelés et je m'efforçais de ne jamais le dire, nous avions froid alors que nous étions très bien couverts, tous ces déportés, eux portaient un pyjama... Certains bâtiments étaient réservés aux militaires et civils administrateurs du camp, d'autres servaient de prisons pour les non Juifs, qui y ont été torturés : et les moyens de torture sont là, devant nous!

Devant un bâtiment, nous avons pu voir les poteaux où étaient fusillés les prisonniers et d'autres où ils étaient torturés... ce fut très éprouvant de voir que ici, où nous nous trouvions, des gens étaient tués et torturés. Puis nous entrons dans le premier bâtiment, où nous pouvons voir les cellules des prisonniers, les bureaux des officiers puis nous arrivons dans la salle qui m'a le plus marqué à Auschwitz I, des compartiments d'1m2 où étaient enfermés les prisonniers parfois à 10 sans lumière et parfois pendant 60 jours...

Comment des êtres humains ont pu faire subir ça à d'autres ? Nous nous dirigeons vers un autre bâtiment où se trouvaient les
cheveux, les valises, les vêtements d'adultes et d'enfants... Puis nous effectuons le même parcours qu'ont parcouru les déportés afin d'arriver dans la chambre a gaz, en passant devant les fours... je me sens oppressée, j'ai du mal a respirer, je n'aime pas être là, je cherche vite à sortir, j'aurai pu être là mais ne jamais en sortir si j'étais née 50 ans avant...

Nous discutons avec la rescapé admirable qui nous accompagne, Ginette et nous écoutons tous très attentivement ce qu'elle nous transmet, car c'est aujourd'hui a nous de transmettre son passé...